Journée internationale des femmes et des filles de science

À l'occasion du 11 février, coup de projecteur sur les chercheuses et les doctorantes qui font rayonner la science à Dauphine - PSL

Instaurée le 11 février par l'ONU depuis 2015, cette journée a pour but de valoriser et d'augmenter la représentation des femmes dans les carrières scientifiques. À cette occasion, nous honorons les femmes et les filles qui participent au rayonnerment scientifique de l'Université Paris Dauphine - PSL.

Dans cet article, découvrez :

  1. Les dauphinoises récompensées pour leurs travaux de recherche en 2020
  2. La Chaire Femmes et Science de Dauphine - PSL : des projets de recherche au coeur de la question
  3. Les messages des chercheuses et doctorantes des laboratoires de Dauphine-PSL à l'honneur
     


1. Prix et distinctions des Dauphinoises en 2020

En 2020, plusieurs chercheuses et doctorantes issues des différents laboratoires de Dauphine - PSL ont été récompensées par les instances scientifiques françaises et internationales. Elles font la fierté de la communauté scientifique dauphinoise, aux côtés de toutes celles et ceux qui travaillent au sein de nos instituts de recherche :

2. La Chaire Femmes et Science de Dauphine - PSL, première chaire UNESCO de PSL

La Chaire Femmes et Science de Dauphine - PSL est officiellement entrée dans le réseau des chaires de l’UNESCO en novembre 2020.

Crée en 2019, la Chaire Femmes et Science a pour objectif de comprendre les mécanismes qui expliquent et font persister ces inégalités. Elle vise ainsi à développer et diffuser des travaux, recherches et réflexions, au niveau national et international, sur les filles, les jeunes filles et les femmes au sein des matières, études et métiers des sciences exactes et naturelles.

« Les femmes ne représentent à ce jour que 33 % des chercheurs dans le monde. Il faut comprendre pourquoi, si l’on veut changer les choses. L’UNESCO est donc très heureuse d’accueillir la Chaire Femmes et science de l’Université Dauphine - PSL, car les recherches qui y seront menées, contribueront à comprendre la persistance de ces disparités et à trouver des solutions » a déclaré Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO.

La Chaire porte une dizaine de projets de recherche, sélectionnés à l'issue d'un appel à projets international, auquel ont répondu 44 équipes issues de 22 pays. Découvrez en 2 minutes les travaux de deux chercheuses de la Chaire :

Marie-Pierre Dargnies est maître de conférences et chercheuse au sein de Dauphine Recherches en Management (DRM). Son projet de recherche actuel, "Confiance accordée aux expert(e)s scientifiques : une approche par l'économie expérimentale", est soutenu par la Chaire Femmes et Science. Voir la vidéo

Jeanne Goulpier Battestini a remporté l'appel à projets de la Chaire Femmes et Science pour sa thèse sur le genre dans les parcours universitaires scientifiques. Doctorante à Sorbonne Université, elle s'intéresse notamment aux freins institutionnels rencontrés par les femmes en informatique et en physique. Voir la vidéo


Découvrez tous les projets de recherche de la Chaire Femmes et Science
 

3. La parole aux chercheuses et doctorantes des laboratoires de Dauphine-PSL

À l'occasion de cette journée du 11 février, plusieurs chercheuses des laboratoires de Dauphine-PSL ont souhaité prendre la parole. Témoignages.

« Le monde de la recherche, et cela prévaut également en Économie, est principalement composé d’hommes même si des progrès notables ont été réalisés en la matière. D’ailleurs, l’attribution du prix Nobel d’Économie à Esther Duflo, et ce pour la seconde fois de son histoire à une femme, est une mise en lumière probante de l’excellence féminine dans ce domaine.

Pour ma part, j’ai eu la chance, et je le reconnais, d’avoir pu réaliser tout ce dont je désirais et de saisir les opportunités qui se sont offertes à moi. Ce qui est loin d’être un sentiment partagé de toutes. Le fait d’avoir pour thème central de mes recherches l’Économie du Genre a donc été pour moi une évidence. J’ose espérer, que mes recherches puissent être utiles quant à informer sur la situation des pays (principalement en développement) et les progrès qui restent à faire en matière d’égalité des sexes. Mon dessein serait qu’elles puissent même représenter des potentiels leviers d’action.

En ce 11 Février, journée internationale des femmes et des filles de science, j’aimerais mettre à l’honneur toutes les femmes et remercier celles qui, situées aux quatre coins de la planète, ont oeuvré et oeuvrent encore aujourd’hui pour l’égalité de genre. Il est de notre devoir à tous de faire évoluer nos sociétés afin que chaque femme y trouve la place dont elle désire. Pour finir, laissez-moi vous écrire ces derniers mots : croyez en vous ! » 

Mary Di Santolo, doctorante au LEDa (Dauphine - PSL)


Le 11 février a été proclamé par les Nations Unies Journée internationale des femmes et des filles de science, quel message souhaitez-vous livrer à cette occasion ?

« Aux femmes et filles de science (et de tous horizons), j’aimerais leur dire de toujours croire en elles, de partager et d’être à l’écoute des autres, sans se laisser influencer pour autant par des avis ou jugements extérieurs qui seraient négatifs et improductifs.

J’aimerais leur dire de croire en leur opinion, de se sentir libre de l’exprimer lorsqu’elles le souhaitent. De dépasser les blocages mentaux créés par la société ; de dépasser la peur de l’échec, la peur du ridicule, la peur du jugement. De toujours chercher auprès des personnes qu’elles aiment et dans leur propre cœur le soutien et la confiance, de ne jamais oublier leur valeur (ni le fait que celle-ci est déterminée par leur être tout entier et pas uniquement par leur carrière), et cela même face aux remarques mal attentionnées.

J’aimerais que toutes (et tous !) écoutent les idées des autres humblement, avec compassion et honnête intérêt. Partagez votre savoir, vos opinions ! C’est en échangeant nos idées que nous pourrons trouver des solutions adaptées à tous pour les défis d’aujourd’hui et de demain.  » 

Leslie Bermont, doctorante au LEDa (Dauphine - PSL)


Comment percevez-vous votre statut de chercheuse et scientifique dans votre institution et dans la société d'aujourd'hui ?

« Je pense qu’on est dans une période assez inquiétante de recul de la présence des femmes dans l’espace public dans les dernières années, et cette tendance aide à réduire aussi la reconnaissance des femmes à des postes élevés dans la recherche. 

Ce n’est jamais le début de carrière qui est compliqué, car la figure de la « jeune femme brillante » existe - par contre la montée des échelons est encore soumise au plafond de verre. Les jeunes femmes doivent prendre garde à cette tendance, car les hommes ne vont certainement pas se battre à leur place pour garantir leurs droits, et ne plus accepter les discours disqualifiants qui reproduisent les dominations en place, elles doivent défendre l’absolu de la parité - c’est un très long travail qui nécessite une attention quotidienne.

Les quotas n’ont pas d’intérêt en soi, ils ont un intérêt dans une période politique où les imaginaires doivent être transformés : il faut qu’on s’habitue à ce que le mot « expert » ou « professeur » ne fasse pas penser à un homme nécessairement..  » 

Juliette Rouchier, directrice de recherches CNRS au LAMSADE (Dauphine - PSL)


Sur quel sujet travaillez-vous actuellement en lien avec les femmes et la science ?

« Ma thèse de doctorat en économie traite de la question de la femme dans les pays en développement, et plus particulièrement en Afrique. Au cœur de ce large sujet, je travaille sur trois aspects de la condition des femmes dans les pays en développement. Dans un premier article, j’étudie l’accès aux soins de santé maternelle en Afrique et ses déterminants. Cette question est primordiale car dans les pays en développement, la plupart des décès maternels pourraient être évités grâce à un meilleur accès aux services de santé.

Dans un second article, dans un contexte de faible accès aux services bancaires, j’analyse l’impact des services de transferts d’argent par téléphone mobile sur le pouvoir de décision des femmes dans les ménages, notamment concernant la gestion des ressources financières, ainsi que ses potentielles conséquences sur l’investissement dans la santé et l’éducation des enfants.

Dans un troisième article, je m’intéresse à la question de la préférence que les parents peuvent avoir pour leurs garçons, par rapport à leurs filles, et j’essaye d’en déterminer les causes. La préférence pour les garçons est un sujet d’importance car elle peut avoir des conséquences de long terme sur les filles, notamment sur leur scolarité et leur santé.  » 

Mathilde Lesueur, doctorante au LEDa (Dauphine - PSL)