Certificat Transition écologique et Responsabilité sociale
Projet collaboratif
Penser la transition autrement : des projets interdisciplinaires
portés par les étudiant.es de Dauphine
Les projets du Certificat Transition écologique et responsabilité sociale sont réalisés en groupes de 3 à 4 étudiant·es issus de formations variées de l’Université Paris Dauphine – PSL. Cette diversité de parcours (droit, économie, gestion, finance, comptabilité, sociologie ou science politique) permet d’aborder les enjeux de la transition écologique et de la responsabilité sociale à travers une approche interdisciplinaire.
À partir d’un sujet proposé dans le cadre du certificat, les étudiant·es construisent collectivement une problématique de recherche, identifient les principales dimensions du sujet, explorent les débats et controverses qui le traversent et mobilisent des sources académiques, institutionnelles et de terrain. Menés en grande autonomie tout au long de l’année, ces projets bénéficient néanmoins de temps dédiés au sein du certificat ainsi que de l’accompagnement des enseignant·es responsables.
Les étudiant·es sont libres de choisir la forme de leur production finale : mémoire, podcast, documentaire, jeu, fresque ou tout autre format pertinent. Les réalisations présentées sur cette page témoignent de la diversité des regards et des approches mobilisés pour penser les transformations écologiques et sociales contemporaines.
Terre en lutte – un jeu de société sur les luttes environnementales
Les luttes environnementales constituent l'un des enjeux politiques majeurs de notre époque, marquées par des rapports de force profondément inégaux entre militants et intérêts industriels. Ce projet vise à rendre ces dynamiques tangibles et compréhensibles à travers un support ludique et pédagogique : un jeu de cartes destiné à 6 joueurs.
L'objectif est double : modéliser de façon fidèle les mécanismes des luttes environnementales (formes d'action, ressources mobilisées, rôle du hasard et des événements extérieurs), tout en produisant une expérience de jeu engageante et accessible.
La conception s'est appuyée sur une recherche documentaire croisant histoire des mouvements environnementaux (mouvement Chipko, ZAD en France, Greenpeace, Extinction Rébellion) et littérature académique sur le lobbying industriel, notamment les travaux de Nathalie Berny. Le jeu oppose quatre activistes à deux lobbyistes autour d'une loi environnementale tirée aléatoirement, en s'articulant autour de trois types de cartes (Action, Matériel, Hasard) et d'une jauge de rapport de forces commune.
Projet réalisé par Pauline Chenu (M1 SES), Ana Ginju (M1 Marketing et stratégie), Ines Haquette (M1 Finance), Clémence Huang (M1 Quantitative economics)
Lettre ouverte au Président de la République
Notre sécurité sanitaire et alimentaire est aujourd’hui mise en péril. L’État français est inactif face à des contaminations silencieuses mais destructrices : cadmium, ultra-transformation, microplastiques… sont des exemples de scandales touchant une part considérable de la population. En dépit des alertes scientifiques documentées depuis des décennies, femmes enceintes, fœtus, enfants, personnes âgées et personnes vulnérables sont les premières victimes de cette inaction.
Ce travail, sous le format d’une lettre ouverte au Président de la République, dresse un état des lieux de plusieurs scandales sanitaires et analyse les défaillances politiques alimentaires françaises jusqu’à présent. Cette lettre s’appuie sur une revue de littérature scientifique et institutionnelle, l’analyse de rapports d’agences sanitaires environnementales publiques et sur l’étude de dispositifs existants, expérimentations de politiques alimentaires alternatives.
Le résultat met en évidence le décalage dangereux entre les connaissances scientifiques, les décisions politiques et les dispositifs législatifs associés qui sont largement insuffisants. En conclusion, la lettre présente des recommandations et solutions concrètes pour aiguiller l’action de l’État vers une protection effective des consommateurs.
Trois leviers de changement sont proposés: renforcer les outils économiques et prescriptifs, déployer nationalement la Sécurité Sociale de l’Alimentation et apporter une meilleure transparence de l’information aux consommateurs.
Projet réalisé par Marie David (M1 Politiques publiques), Julie Mascaro (M1 AID), Sithida Phandanouvong (M1 Politiques publiques)
Backlash Ecologique et Transition Environnementale : Analyse des dynamiques de résistance contemporaines
À rebours de l’idée selon laquelle l’intensification des alertes scientifiques suffirait à produire un consensus d’action, ce mémoire interroge la montée contemporaine du backlash écologique.
Envisagé comme un ensemble hétérogène de résistances à la transition environnementale, ce phénomène articule contestations sociales, stratégies économiques, recompositions partisanes et fragilisation des savoirs scientifiques. L’enjeu n’est donc pas seulement de décrire un « retour de bâton » contre l’écologie, mais d’analyser les conditions politiques de sa construction et de sa diffusion. Le travail examine la manière dont certains acteurs convertissent des inquiétudes sociales réelles, comme le pouvoir d’achat, le souveraineté, la compétitivité, ou les modes de vie, en ressources de délégitimation de l’action climatique. Il montre aussi que ces résistances engagent des effets plus larges sur l’État de droit et les droits humains : affaiblissement des protections environnementales, exposition accrue des populations vulnérables aux risques climatiques, remise en cause du droit à un environnement sain et restriction de l’espace civique des mobilisations écologistes.
L’analyse s’appuie sur une revue de littérature, des études de cas en France, en Europe et aux États-Unis, ainsi que sur l’exploitation de données d’opinion et de censure scientifique.
Projet réalisé par Zoé Crandal (M1 Marketing et stratégie), Blandine Ledoux (M1 Quantitative economics), Daphné Perry (M1 Quantitative economics), Marie Roussez (M1 AID)
Marchands de doute : fabriquer l’incertitude, défendre les preuves
Ce projet prend la forme d’un jeu de société pédagogique consacré aux « marchands de doute », c’est-à-dire aux acteurs qui utilisent les codes de la science pour semer l’incertitude, retarder l’action publique et défendre des intérêts économiques ou idéologiques. Le sujet est important car de nombreuses controverses sanitaires et environnementales ne se jouent pas seulement autour des faits scientifiques, mais aussi autour de leur médiatisation, de leur contestation et de leur traduction politique.
Notre objectif est de rendre visibles ces mécanismes à travers quatre scénarios : l’industrie du tabac, les pesticides, le réchauffement climatique et l’industrie pétrolière. Le jeu oppose deux camps - le Camp du doute et le Camp des preuves - sur une échelle d’opinion qui matérialise l’évolution du débat public. Les joueurs mobilisent des cartes stratégie, des cartes scénario et des cartes hasard, construites à partir de sources académiques, institutionnelles et journalistiques.
Le résultat obtenu est un dispositif ludique qui permet de comprendre concrètement comment l’incertitude peut être produite, mais aussi comment les preuves scientifiques, les enquêtes, les mobilisations et les politiques publiques peuvent progressivement rééquilibrer le débat.
Projet réalisé par Nina Chakvetadze (M1 Contrôle, audit, reporting financier), Justine Oliger (M1 AID), Bahar Ozen (M1 Marketing et stratégie), Lisa Puget (M1 Management de l’innovation)