Soutenances de thèse

La finance à l'épreuve du climat : fondements comptables pour une finance écologique

13/03/2026 à 10h30

Mme Soline RALITE présente ses travaux en soutenance le 13/03/2026 à 10h30

À l'adresse suivante : Université Paris Dauphine, Pl. du Maréchal de Lattre de Tassigny, 75016 Paris Salle des thèses - D520

En vue de l'obtention du diplôme : Doctorat en Management

La soutenance est publique

Titre des travaux

La finance à l'épreuve du climat : fondements comptables pour une finance écologique

École doctorale

École doctorale Dauphine SDOSE

Équipe de recherche

UMR 7088 - Dauphine Recherches en Management

Section CNU

7 - Sciences de la société

Directeur(s)

Thomas LAGOARDE-SEGOT

Membres du jury

Nom Qualité Établissement Rôle
M. Thomas LAGOARDE-SEGOT Professeur Kedge Business School Directeur de these
Mme Hélène RAINELLI WEISS Professeur des universités IAE Rennes Rapporteur
M. Pierre BARET Professeur Excelia Business School Rapporteur
M. Alexandre RAMBAUD Maître de conférences AgroParisTech Co-encadrant de these
Mme Maud BAURIE Senior Lecturer King's College Examinateur
Mme Catherine KARYOTIS Professeur NEOMA Business School Examinateur
Mme Stéphanie GIAMPORCARO Professeur Kedge Business School Examinateur
Mme Véronique PERRET Professeur des universités Université Paris Dauphine, PSL Examinateur

Résumé

La thèse prend pour point de départ l'émergence d'un nouveau problème politique en Europe au tournant des années 2000 : au vu des investissements massifs nécessaires à la décarbonisation de nos économies, de quel rôle investir la finance privée ? Elle s'intéresse plus particulièrement à l'agenda normatif qui s'est développé pour répondre à ce problème politique – l'ensemble des normes règlementaires et volontaires visant à organiser la réponse du système financier à l'enjeu climatique. Pour analyser cet agenda normatif, la thèse adopte une posture épistémologique relationnelle et normative ancrée dans les sciences de gestion, et plus particulièrement la comptabilité. Cette posture sert un double objectif : comprendre ce que l'agenda normatif doit à la manière dont la finance connecte actuellement aux entreprises, puis proposer une conception alternative de la relation finance-entreprise et de l'insertion du climat dans cette relation, à même d'aider les normalisateurs à dépasser les limites actuelles de l'agenda.

Pour opérationnaliser ces objectifs, la thèse construit tout d'abord deux ‘modèles' synthétisant les caractéristiques clés de la relation finance-entreprise avant et après l'avènement du modèle financier aujourd'hui dominant (nommé ‘finance moderne') et rendant visible, en particulier, les infrastructures comptables qui sous-tendent chaque mode de relation. Elle s'appuie pour cela sur une revue de littérature multidisciplinaire.

Cette modélisation sert ensuite de fondement à l'analyse empirique. Celle-ci met en évidence deux branches normatives distinctes, ancrées chacune dans une conception particulière du rôle de la finance et de son lien à l'entreprise : une branche normative ‘moderne', qui conçoit la finance comme une industrie de gestion de la valeur financière créée par les entreprises, et le climat comme un risque qui se pose à cette valeur ; et une branche normative ‘réformiste', qui, à l'inverse, considère que la finance doit adapter son fonctionnement à l'objectif politico-scientifique qu'est le respect des 1.5° : elle doit endosser un rôle de financeuse active des activités de décarbonation des entreprises. L'analyse montre toutefois que si l'ambition de la branche réformiste est claire et fondée – faire advenir une finance alternative à la finance moderne, les rouages théoriques de cette alternative ne sont développés par aucune des normes.

Une fois démontrée l'incapacité de la branche normative moderne à permettre le financement de la décarbonisation, la thèse s'attache donc à offrir à la branche réformiste les fondements théoriques qui lui manque. La thèse mobilise pour cela un modèle de comptabilité socio-environnementale préexistant : le modèle CARE, qui permet de faire entrer en comptabilité les entités écologiques et sociales en tant que ‘capitaux', c'est-à-dire en tant que dettes que l'entreprise doit rembourser. Par déduction à partir de ce modèle, elle propose ensuite des principes susceptibles de fonder une industrie financière centrée sur les besoins de financement des entreprises et répondant ainsi aux problématiques rencontrées par la branche réformiste.

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