the economic impact of deep trade agreements
17/11/2025 à 15h00
M. Anthonin LEVELU présente ses travaux en soutenance le 17/11/2025 à 15h00
À l'adresse suivante : Université Paris Dauphine - PSL Pl. du Maréchal de Lattre de Tassigny, 75016 Paris Salle des thèses - D520
En vue de l'obtention du diplôme : Doctorat en Sciences Economiques Dauphine
La soutenance est publique
Titre des travaux
the economic impact of deep trade agreements
École doctorale
École doctorale Dauphine SDOSE
Équipe de recherche
UMR 8007 - Laboratoire d'Économie de Dauphine
Section CNU
7 - Sciences de la société
Directeur(s)
Gianluca OREFICE
Membres du jury
| Nom | Qualité | Établissement | Rôle |
|---|---|---|---|
| M. Gianluca OREFICE | Full professor | UNIVERSITE PARIS DAUPHINE - PSL | Directeur de these |
| Mme Inga HEILAND | Assistant professor | Norwegian University of Science and Technology | Examinateur |
| M. Michele RUTA | Chef économiste | Fonds Monétaire Internationale | Examinateur |
| M. Lionel FONTAGNE | Full professor | Université Paris 1 - Paris School of Economics | Examinateur |
| Mme Emily BLANCHARD | Associate professor | Tuck School of Business, Dartmouth | Rapporteur |
| Mme Catherine THOMAS | Associate professor | London School of Economics | Rapporteur |
Résumé
Le premier chapitre examine l'impact du mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS) sur les flux d'investissements directs à l'étranger (IDE). Ce mécanisme a pour objectif principal de se prémunir contre le risque d'expropriation ou de changement de politique du pays hôte susceptibles d'affecter les bénéfices des entreprises étrangères. Je développe un cadre théorique simple qui rationalise le fait que les entreprises sont plus susceptibles d'investir dans un pays autorisant un ISDS, grâce à des profits espérés plus élevés. Intuitivement, je montre que les entreprises les plus grandes et les plus productives sont celles qui en bénéficient le plus, car elles peuvent subvenir au coût que recquiert un litige. Pour tester ce mécanisme, j'exploite une base de données d'investissements des entreprises. Je constate que l'investissement d'une entreprise dans des filiales situées à l'étranger permet d'amplifier la valeur de l'investissement de 29%, lorsque un ISDS est disponible avec le pays hôte. Les destinations plus risquées et les plus grandes entreprises présentent des investissements encore plus élevées.
Dans le deuxième chapitre, je cherche à comprendre pourquoi les accords commerciaux régionaux (ACR) ont évolué pour inclure un ensemble plus large de dispositions, parfois non liées au commerce. Je classe d'abord les ACR selon trois types : le premier comprend principalement des dispositions commerciales traditionnelles, le deuxième type comprend principalement des dispositions facilitant l'accès au marché, et le troisième inclut des engagements qui vont bien au-delà du commerce, tels que les questions environnementales. L'article explore comment la décision de signer ces accords est étroitement liée à l'exposition au commerce et au risque perçu dans le pays partenaire. Les résultats montrent que plus un pays est exposé à un partenaire en termes d'importations, de manière direct ou via les chaînes de valeurs, plus il est susceptible de signer un accord, et que cette probabilité est amplifiée lorsque le pays d'origine est considéré comme politiquement instable et présente un risque accru de perturbation des échanges. Dans le contexte géopolitique actuel, nous nous attendons donc à une prolifération de tels accords à l'échelle mondiale, ce qui pourrait complexifier les règles commerciales internationales tout en offrant des opportunités économiques pour les pays signataires.
Dans le dernier chapitre, je cherche à comprendre ce qui fait l'efficacité d'un accord commercial et applique l'analyse au cas du continent africain. Je montre d'abord que l'Afrique tire relativement peu parti de ses accords préférentiels, sans doute en raison de leur portée et de leur contenu. Pour analyser cela de manière plus systématique, j'utilise un algorithme de classification afin de regrouper les accords commerciaux en trois catégories distinctes et d'évaluer leur impact sur le commerce à l'aide d'un modèle gravitationnel structurel. Cela permet d'établir une hiérarchie des différents types d'accords en fonction de leur effet sur les échanges : peu profonds, intermédiaires et profonds. D'après cette classification, l'Accord de libre-échange continental africain (ALECA) relève actuellement de la catégorie intermédiaire, puisqu'elle n'entraîne que des gains commerciaux relativement modestes. Cet accord vise à harmoniser les accords régionaux existants en un seul accord méga-régional. Une analyse en équilibre générale estime que si l'ALECA était mise en œuvre comme un accord profond, cela créerait une augmentation du commerce intra-Africain, accompagné de gain de PIB de l'ordre de 0,7%. A l'aide de méthodes statistiques innovantes, nos résultats suggèrent que pour qu'un accord soit considéré comme profond, il devrait comporter des mesures restreignant l'usage des instruments de défense commerciale et renforcer sa force exécutoire.